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COMMUNIQUE DE PRESSE

Canicule, grêle, incendies : les paysan·nes sont acculé·es et ont plus que jamais besoin d’aides d’urgence

23.07.2026

Les épisodes de canicule successifs, associés à des incendies, de la sécheresse mais aussi des épisodes de grêle d'une extrême violence, ont lourdement affecté le monde paysan, acculé à la fois économiquement, physiquement et moralement. Certain·es se questionnent sur leur capacité à terminer l'année, d'autres sur le maintien de leur activité dans ce contexte climatique où règne l'incertitude.


Face à cette situation, il est particulièrement choquant de voir le Ministère de l'Agriculture débloquer une enveloppe de 145 millions d'euros exclusivement pour soutenir l'achat d'engrais azotés. En faisant cela, nos dirigeant·es choisissent donc d'aider en priorité l'industrie des engrais plutôt que le revenu des paysan·nes. Encore une fois, c'est la boussole du dogme libéral qui a primé pour « sauver » la balance commerciale de la France et pour assurer une production majoritairement vouée à l'exportation. Tout cela au détriment de solutions qui auraient pu rendre plus autonomes nos systèmes de productions. D'autant plus qu'au vu de la fluctuation du prix des engrais, ces aides s'avèrent inefficace pour les paysan·nes. Financées au 2/3 par la réserve de crise européenne, qui se verra ainsi entièrement consommée, elles privent de financement d'éventuels autres secteurs en difficulté, c'est-à-dire l'ensemble des paysan·nes touché·es par les aléas climatiques répétés de ce début d'été. Pour la Confédération paysanne, il est urgent de réorienter les aides de crises fléchées vers les engrais en direction des fermes durement touchées par les aléas climatiques estivaux.

Pour faire face aux difficultés de trésorerie, le Ministère de l'Agriculture doit proposer une aide d'urgence, forfaitaire et à l'actif, versée rapidement et conditionnée à l'attestation d'une perte de récolte   imputable aux aléas climatiques. Cette aide devra être versée en priorité aux non assuré·es.

En complément, la Confédération paysanne appelle à corriger rapidement les dysfonctionnements du système assurantiel actuel, pour que le maximum de paysan.nes puisse bénéficier de l'Indemnité de Solidarité Nationale (ISN) dans les territoires où la situation de calamité agricole aura été reconnue. Il s'agit d'une part d'abaisser, à titre dérogatoire, le seuil de déclenchement de l'ISN de 50 % à 30 % de perte de récolte pour toutes les catégories de cultures, et d'autre part, d'aligner le taux d'indemnisation pour les non-assuré·es multirisques climatiques sur celui des assuré·es, afin de garantir a minima 90% de prise en charge des pertes. Il est inacceptable que des paysan·nes non assuré.es (plus de 80% des fermes) ne voient leurs pertes indemnisées par l'ISN qu'à hauteur de 28% pour certaines productions, alors même que les primes d'assurances sont prises à 70% par des aides de la PAC*.

On ne peut se permettre de perdre une multitude de fermes déjà grandement fragilisées par un manque de revenu de plus en plus criant. Les paysan·nes ne peuvent pas assumer seul·es les conséquences du changement climatiques. Pour les années à venir, il est nécessaire d'abandonner ce système assurantiel privé dysfonctionnel et de reconstruire un système mutuel de solidarité nationale plus vertueux et universel.

Contacts :
Nicolas FORTIN - secrétaire national - tél: 06 85 65 75 92
Thomas GIBERT - porte-parole national - tél: 06 65 24 66 44
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