Incendies : les paysan·nes demandent des moyens pour sauver les fermes et prévenir les feux

L'été dernier, Les Corbières avaient subi 5 feux en quelques semaines entraînant une situation particulièrement dramatique pour la population de ces territoires.
Cette solidarité ne doit pas faire oublier la responsabilité de l'Etat dans la lutte contre les feux. Si la protection des habitations est, bien entendu, la priorité, le fait que les zones agricoles et forestières passent au second plan révèle le manque criant de moyens des services d'incendie et de secours : effectifs de pompiers insuffisants, hélicoptères et Canadair en nombre limité, etc. Ces moyens sont d'autant plus indispensables que le risque d'incendie est aggravé par le réchauffement climatique, qui accentue la récurrence et l'intensité des épisodes de canicule, conjugués à la sécheresse. L'aggravation de ces conditions météorologiques extrêmes met déjà les paysan·nes dans une profonde inquiétude quant au devenir de leurs fermes. Le risque croissant d'incendies, qui menace les bâtiments, le matériel, les cultures, les vergers, comme les troupeaux, ne fait qu'accroître cette angoisse.
Les incendies n'étant pas considérés comme une calamité agricole, ils n'ouvrent pas droit à l'Indemnité de Solidarité Nationale (ISN). Le seul moyen d'être indemnisé est d'avoir souscrit à une assurance multirisque climatique privée, choix qu'ont fait seulement 18% des fermes en France, avec de fortes disparités territoriales. Depuis le début de la canicule, les paysan·nes alertent sur leurs difficultés à faire face à de tels aléas en l'absence d'un soutien public à la hauteur des enjeux. Ces incendies l'illustrent à nouveau.
Enfin, ces évènements nous rappellent le rôle crucial du pastoralisme dans la prévention des feux. Une végétation basse entretenue par le pâturage permet de nourrir les troupeaux tout en constituant une coupure de combustible efficace. A l'inverse, le délaissement des surfaces pastorales favorise l'enfrichement. Les pouvoirs publics doivent soutenir l'agriculture paysanne et le pastoralisme, par les politiques agricoles et notamment la PAC*. Ils doivent également rappeler leurs obligations aux propriétaires fonciers et l'interdiction de laisser leurs terres incultes ou manifestement sous-exploitées. C'est une urgence absolue et une question de survie pour l'ensemble de la société.
Enfin, ces évènements doivent nous rappeler le rôle crucial des paysan·nes dans la prévention des feux. Le manque de soutien à l'agriculture paysanne et au pastoralisme transforme certaines zones d'arrière-pays en espaces délaissées, favorisant l'enfrichement. À l'inverse, une végétation basse entretenue par le pâturage permet de nourrir les troupeaux tout en constituant une coupure de combustible efficace. Le soutien de ces modèles agricoles, par les politiques agricoles et notamment la PAC*, est une urgence absolue et une question de survie pour l'ensemble de la société.



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