COMMUNIQUE DE PRESSE
Il est temps de mettre au pas les grands groupes
29.07.2026Alors qu'ils subissent une sécheresse historique les éleveurs de bovins font face a une augmentation des charges et une baisse des prix sans réel justifications, l'enquête publiée par Le Monde et Lighthouse Reports confirme ce que la Confédération paysanne dénonce depuis des années : la concentration du secteur de l'abattage a donné au groupe Bigard un pouvoir considérable sur la filière bovine.
Cette concentration est dramatique. Nous rappelons que l'abattage , devrait être considéré comme un service publique, tant cela conditionne le maintient des élevages dans les territoires et la capacité à relocaliser l'alimentation.
Au lieu de ça , les éleveuses et les éleveurs voient disparaître les abattoirs de proximité, les transports s'allonger et leur capacité à négocier les prix s'affaiblir. Dans le même temps, les projets d'abattoirs de proximité portés par les territoires ou les producteurs se heurtent à d'innombrables obstacles financiers, administratifs et économiques, tandis que les grands groupes continuent de renforcer leur emprise.
La valeur est captée toujours davantage par l'aval de la filière, alors que les revenus des éleveurs restent insuffisants. Cette situation accélère la disparition des paysans et fragilise notre souveraineté alimentaire.
Face à cette situation, il est urgent de faire évoluer le droit. La Confédération paysanne demande que l'État s'attaque réellement aux situations de dépendance économique créées par la concentration des outils d'abattage et protège les éleveuses et les éleveurs contre les abus de position dominante sur les territoires
Cette enquête rappelle également une revendication ancienne de la Confédération paysanne : les grands groupes de l'abattage et de la transformation, à commencer par Bigard, doivent publier des informations suffisamment détaillées sur leurs comptes et leurs marges afin de connaître la répartition réelle de la valeur au sein de la filière. L'enrichissement de quelques grands groupes sur le dos des paysannes et des paysans est inacceptable.
La souveraineté alimentaire ne se résume pas à produire davantage. Elle suppose un les éleveuses et les éleveurs vivent dignement de leur travail grâce à des prix couvrant leurs coûts de production.
C'est à cette question essentielle que le projet de loi d'urgence agricole aurait dû s'attaquer, plutôt que de poursuivre la démolition des protections environnementales et agricoles.
Au lieu de cela, la loi prévoit une simple expérimentation des tunnels de prix, mais en conditionne la mise en œuvre à un accord de l'interprofession. Or les principaux industriels de l'abattage, dont Bigard, y exercent une influence déterminante. En donnant aux acteurs dominants le pouvoir de bloquer un outil destiné à mieux rémunérer les éleveurs, le Gouvernement vide cette mesure de toute portée.
L'alimentation est un bien commun. Elle ne peut être abandonnée aux intérêts de quelques groupes qui concentrent toujours davantage de pouvoir économique au détriment des paysannes, des paysans et de l'intérêt général.
Contacts :
Stéphane GALAIS - porte-parole national - tél: 06 81 27 74 56
Nicolas FORTIN - secrétaire national - tél: 06 85 65 75 92



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