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COMMUNIQUE DE PRESSE

Assez des coups de com', la grande distribution doit cesser de se gaver sur le dos des paysan.nes !

20.08.2026

Allègement des cahiers des charges, pour permettre la vente de produits habituellement déclassés en raison de leur aspect ou de leur calibre, raccourcissement des délais de paiement, ou encore intégration des surcoûts liés à l'alimentation du bétail. Si l'intention des acteurs de la grande distribution semble louable, et a d'ailleurs été plébiscitée par beaucoup, la Confédération paysanne souhaite rappeler que les mesures proposées corrigent à peine des comportements commerciaux systématiques et installés dans le temps, qui prédatent la valeur du travail des paysan·nes.

Il y a moins de trois mois, à l'issue d'une commission d'enquête ayant réalisé 189 auditions, un rapport sénatorial pointait que « la course aux prix bas conduite par quelques enseignes, qui bénéficient d'un rapport de force à leur avantage, empêche toute répartition équitable de la valeur » (voir notre communiqué du 5 juin). Dans ce rapport sont notamment mis en évidence la brutalité dans les relations commerciales, la surmarge sur les produits sains et de première nécessité, en particulier les produits bio, ainsi que le contournement de la loi Egalim, notamment via les plateformes européennes. Par ailleurs, le 2 juin, un rapport publié par Inside Track confirmait les conclusions de cette commission d'enquête. Pas moins de 15 cadres des grandes enseignes y affirment : « La course aux prix bas empêche la transition écologique et sociale et génère des coûts cachés. »

En conséquence, les annonces faites par la grande distribution ne sont pas un acte de solidarité, mais l'esquisse d'une prise en compte de ce qui devrait être la normalité.

En ce moment, la grande distribution pourrait être a minima solidaire en rejoignant la proposition de la Confédération paysanne pour un fonds mutualisé destiné à faire face aux aléas climatiques. Car les annonces de bonne intention ne garantissent pas les actes dans la durée. À chaque crise, les grandes marques ne manquent pas de redorer leur blason et en profitent pour mener des opérations de communication. Nous nous souvenons des promesses, sans lendemain, faites pendant les colères agricoles et de l'opposition unanime aux accords de libre-échange UE*-Mercosur*. Ce que nous voulons, et ce qui est nécessaire à la survie des paysan·nes et à notre souveraineté alimentaire, ce sont des actes et des réponses structurelles, qui garantissent un revenu grâce à une juste répartition de la valeur : prix rémunérateur, indexé sur les coûts de production, notre revenu et notre protection sociale ; absence de surmarge sur les produits sains et de première nécessité ; transparence des relations commerciales ; étiquetage et juste information des consommateurs, etc.

Le gouvernement a une lourde responsabilité. Au-delà des discours de bonne volonté et des lois inopérantes, il est nécessaire que nos gouvernants sortent des postures permissives et complices au nom du marché et des prix bas, pour imposer un cadre contraignant aux acteurs de la grande distribution.

En tout état de cause, dans cette période de grande souffrance pour les paysan·nes, les opérations de communication et les déclarations non sincères sont inutiles et indécentes !

Nous attendons des actes dans la durée ! Nous saurons nous souvenir des fausses promesses !


Contacts :
Stéphane GALAIS - porte-parole national - tél: 06 81 27 74 56
Nina LEJEUNE - secrétaire nationale - tél: 06 45 91 14 38
Aurélie BOUTON - animatrice technique - tél: 07 68 44 74 98
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