Coup d’état des USA au Venezuela : et ensuite, à qui le tour ?
La Confédération paysanne condamne fermement l'intervention militaire du président Trump, réaffirme sa solidarité avec le peuple vénézuélien et exprime sa consternation suite aux propos déshonorants tenus par le président de la République française à ce sujet. Rien ne justifie une agression militaire contre un pays étranger. Rien ne saurait justifier l'enlèvement du président d'un pays étranger. Prétendre le contraire, c'est affaiblir encore un peu plus le droit international, déjà piétiné par le soutien des pays occidentaux à Israël et l'abandon de la Palestine. Quand c'est la loi du plus fort qui prévaut, les populations en paient toujours le prix fort.
La France doit reconnaître immédiatement le mandat par intérim de Delcy Rodriguez et s'opposer à toute velléité de contrôle colonial du Venezuela par les États-Unis. Laisser passer cette agression sans réagir, c'est prendre le risque mortel d'encourager les États-Unis à continuer sur leur lancée coloniale, en Colombie, au Panama, à Cuba, au Groenland, au Canada, etc. Et ensuite, à qui le tour ?
Les dix années de blocus subies par la population vénézuélienne ont eu des conséquences désastreuses pour l'économie du pays. Comme toujours, ce sont les populations qui souffrent des sanctions internationales. Dans ce contexte, les paysan·nes ont eu un rôle essentiel pour parvenir à alimenter la population du pays. Les importations de produits alimentaires, qui étaient très importantes avec la manne du pétrole ont été remplacées par un gigantesque effort de développement agricole, permettant au pays d'atteindre quasiment la souveraineté alimentaire.
Les expériences passées en Irak et en Libye montrent qu'utiliser le prétexte de renverser un gouvernement autoritaire pour justifier une ingérence militaire se fait toujours au détriment des populations des pays concernés. Les paysan·nes en particulier font face à une insécurité lancinante, aux exactions des troupes d'occupation et aux spoliations de leurs territoires et des ressources du pays par les multinationales étrangères.
Nous en avons assez que la France participe ou soutienne de telles initiatives contraires au droit international. Il est temps de s'opposer frontalement aux visées impérialistes et anti-démocratiques du gouvernement américain. La soumission de notre pays aux diktats américains, en particulier ces dernières années, est devenue un déshonneur et nuit aux intérêts des Français·es et des Européen·nes. Il est temps de dire stop.
Avec la Via Campesina, le mouvement paysan mondial, nous réaffirmons notre solidarité avec les peuples d'Amérique latine et des Caraïbes, qui réclament une zone de paix, et non de guerre. Les paysan·nes et les travailleur·euses rurales d'Amérique Latine ont trop souvent fait les frais des attaques impérialistes, qui entraînent accaparements de terre, projets miniers liés aux intérêts des entreprises multinationales états-uniennes et spoliation des ressources énergétiques. Trump ne prend même pas la peine de cacher que sa principale motivation pour attaquer le Venezuela est de s'approprier les réserves en pétrole de la République bolivarienne.
Nous réaffirmons notre attachement à la paix, au dialogue politique plutôt qu'à la force, à l'autodétermination des peuples. Nous appelons à renforcer la solidarité internationaliste, en particulier en s'associant aux mobilisations contre l'agression du Venezuela et pour un changement de direction dans la politique étrangère française.



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