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Pour la reconquête des cultures vivrières dans les régions ultrapériphériques : quelles politiques agricoles ?Actes du Colloque de Goyave (Guadeloupe), 22-23 septembre 2006.La satisfaction des besoins alimentaires Introduction par Alex BandouPrésident de l'Adear de Guadeloupe et membre de l'Union agricole de Guadeloupe (UPG)
Si cette autonomie alimentaire a été atteinte rapidement dans l’Union européenne dès les années 1970, dans les régions insulaires ou ultramarines des pays européens la situation est très différente. Ces régions, qu’on appelle aujourd’hui « régions ultra-périphériques » (RUP), sont les DOM français (Réunion, Guyane, Martinique, Guadeloupe), les Îles Canaries (région espagnole) et les Açores et Madère (régions portugaises). D’une part, la raréfaction du pétrole et la flambée des prix, couplées au réchauffement climatique, remettent en question la multiplication des transports. Les cultures d’exportation, notamment la canne à sucre et la banane, qui sont le pilier de l’économie de plusieurs RUP, subissent la pression de la mondialisation économique. Enfin, les attentes et exigences des consommateurs et de la société vis-à-vis des produits alimentaires, mais aussi vis-à-vis de l’agriculture, évoluent : ses dimensions environnementale, territoriale et sociale sont davantage mises en avant (« multifonctionnalité »). En effet, les « cultures vivrières », prises au sens large – c’est-à dire l’ensemble des productions nécessaires à l’alimentation de base, à savoir toutes les cultures de légumes, de tubercules, de fruits, mais aussi les différents élevages destinés à la consommation de viande et autres produits animaux (lait, œufs, etc.) – sont par définition le pilier de l’autonomie alimentaire d’un territoire. Pourtant, trop souvent en Guadeloupe, on entend un producteur dire qu’il va « faire un coup » sans qu’à aucun moment cette initiative ne s’inscrive véritablement dans la perspective d’un vrai projet réfléchi, décidé, cohérent. Les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont mondiaux et les politiques doivent être pensées à cette échelle. Mais parler d’agriculture, c’est aussi parler de territoire. Et cette dimension territoriale laisse penser que les solutions devraient avant tout être trouvées localement. C’est pourquoi il est nécessaire de mener un travail de réflexion et d’échanges non seulement avec tous ces acteurs du territoire guadeloupéen, mais aussi avec les acteurs des autres RUP, avec lesquels je souhaite que ce débat soit riche en échanges d’expérience.
Voir aussi les autres colloques sur les grands enjeux agricoles du XXIème siècle. Les versions espagnole et anglaise en pdf sont disponibles. Vous pouvez recevoir les actes des colloques version papier sur simple demande (frais de poste à votre charge). |
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