Crise du lait : l’Europe doit activer les outils de protection et de régulation de la filière !
En France, les industriels commencent à annoncer d'importantes baisses du prix du lait payé aux producteur·rices. Les prix dégringolent à des vitesses incroyables dans les autres pays européens (300€/1000L en Belgique chez LDA).
Plusieurs pays et organisations en Allemagne, Italie, Pologne, Hongrie, Roumanie et Slovaquie demandent l'activation de la réserve de crise de la PAC* pour financer une réduction volontaire de la production laitière. La Confédération paysanne soutien ces démarches, car la régulation du volume et sa gestion sont indissociables à la protection des prix et donc du revenu paysan. Cependant, une réduction volontaire ne sera pas suffisante pour enrayer la crise.
La Confédération paysanne demande la réduction obligatoire de la production laitière européenne en filière conventionnelle, avec indemnisation via la réserve de crise européenne. La réduction doit se faire sur les 2e et 3e trimestres 2026, sur le circuit conventionnel pour arriver à hauteur de la production de 2024. Les producteur·rices en bio ou en filières de qualité doivent être exempté·es de cette réduction car leur situation est différente.
Cette réduction des volumes doit s'accompagner de la nécessaire hausse du prix d'intervention(prix minimum garanti au niveau européen) et d'une véritable réflexion pour retravailler la régulation du marché et la protection des Organisations de Producteurs, dans le cadre des réformes actuelles de la PAC* et de l'OCM*.
En France, cela passe également par la refonte de la gestion de la filière. La Confédération paysanne demande de revoir l'organisation des producteur·rices, des contrats, de la gestion des volumes, des impasses d'Egalim et du partage de la valeur. Les outils actuels sont insuffisants pour protéger les producteur·rices, car la filière est pilotée par les industriels depuis trop longtemps. Les paysan·nes doivent reprendre la main sur la gestion des volumes via une gestion collective des volumes par comité de bassin laitier.
Nous, producteur·rices laitiers, n'acceptons pas d'être la variable d'ajustement de l'économie libérale ! Nous exigeons donc que ces mesures soient mises en place pour protéger le travail des paysan·nes.



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