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AGRICULTURE ET ALIMENTATION
04.09.2026

Un plan scandaleux face à une crise historique : 4 fermes sur 5 laissées sur le carreau !

La Ministre de l'agriculture a dévoilé ce matin son plan CASI (Climat, adaptation, sécheresse, incendies) pour "soutenir" l'agriculture et redémarrer la production. Le montant global d'1,2 milliard d'euros peut paraitre élevé : il est en réalité très faible face à l'ampleur exceptionnelle de la crise.

Quelques chiffres permettent de s'en rendre compte : 1 milliard d'euros avait été débloqué pour la crise de la grippe aviaire en 2021-2022 ; 270 millions d'euros pour la seule filière porcine en 2022. Chaque année, le soutien public à l'injection de biométhane s'élève à 1,2 milliard d'euros et les dépenses fiscales pour la mécanisation individuelle atteignent 1,3 milliard d'euros. Ce n'est pas par contrainte budgétaire que le gouvernement abandonne les paysan·nes mais par choix politique.

L'essentiel du plan - 520 M€ - repose sur l'Indemnisation de solidarité nationale (ISN), sans modification des seuils de déclenchement, ni des taux de prise en charge. Cette somme va juste permettre d'abonder le fonctionnent normal de l'ISN. De plus, pour les 82% de fermes non assurées, l'ISN ne se déclenche qu'à partir de 50% de pertes, avec une indemnisation dérisoire de 28%. Nous demandions un déclenchement de l'ISN à 30% de pertes pour toutes les filières et l'alignement du taux d''indemnisation des non-assuré·es sur celui des assuré·es.

Les autres mesures classiques de soutien aux trésoreries ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. L'enveloppe pour la prise en charge des cotisations MSA* atteint seulement 20 millions d'euros ! Celle affectée au dégrèvement de la Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) est mieux dotée (330 M€), mais cet argent tombe dans la poche des propriétaires fonciers, sans garantie qu'ils le reversent aux fermiers locataires. Pour rappel, en France, 51% des terres sont en fermage.

La seule mesure nouvelle est un « fonds de réarmement agricole » (235 M€) piloté par les préfets pour financer des achats d'intrants et d'aliments pour animaux, sans que soit posée la question de l'adaptation de la production aux nouvelles conditions climatiques !

La Confédération paysanne réitère son appel à sauver toutes les fermes « quoi qu'il en coûte ». Nous avions demandé une aide directe de 5000€ par paysan·ne impacté·e par la crise, versée sous forme de subvention.

Ce n'est pas aux producteur·rices, ni aux consommateur·rices de payer la facture, alors que 8 millions de personnes bénéficient de l'aide alimentaire. C'est à l'ensemble de la filière d'assumer les risques. C'est pourquoi nous proposons depuis des années un fonds professionnel mutualisé et solidaire, accessible à toutes les fermes, impliquant tous les maillons de la chaîne agroalimentaire. À elle seule, la grande distribution capte 1 milliard d'euros de surmarge par an, comme l'a montré le rapport du Sénat de 2026. La solidarité nationale ne doit pas reposer sur l'ensemble des contribuables : il faut faire payer les responsables de la crise climatique (grandes entreprises réalisant des superprofits grâce aux énergies fossiles, très hauts patrimoines forts émetteurs de carbone).

Nous sommes très en colère face à ce plan scandaleux, qui laisse sur le carreau 4 fermes sur 5 ! Nous appellerons à la mobilisation les paysan·nes, les 82% non assuré·es, sacrifié·es sciemment par le gouvernement et l'agro-industrie.


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