COMMUNIQUE DE PRESSE
Canicule : l'urgence de changer de modèle
22.06.2026Le ministère a réuni les syndicats agricoles ce 22 juin pour évoquer les conséquences de la canicule. Ces trente minutes de réunion ont surtout mis en lumière l'irresponsabilité face aux difficultés que rencontrent les paysan·nes confronté·es aux multiples impacts des vagues de chaleur, ainsi que face aux inquiétudes légitimes concernant les années à venir. Le gouvernement, comme les représentants de la FNSEA*, de la Coordination rurale (CR) et de Chambres d'agriculture France, font preuve d'un décalage inquiétant avec la réalité. Aucun des acteurs réunis ne semble prendre la mesure de ce que signifie cet épisode caniculaire.
Cette canicule n'est ni un phénomène isolé ni un événement exceptionnel : elle constitue au contraire les prémices d'années qui seront encore plus chaudes. Il est grand temps de sortir de l'aveuglement volontaire et d'engager des politiques agricoles à la hauteur des enjeux climatiques et adaptées aux réalités de terrain. La loi d'urgence portée par le gouvernement, la FNSEA* et la CR, qui a pour seule boussole la compétitivité, illustre l'obsolescence des réponses apportées aux paysan·nes.
Au regard des températures subies par les animaux, encourager la construction de bâtiments d'élevage XXL revient aussi à prendre le risque de surmortalité accrue. Pousser à l'accaparement de l'eau, accélérer la destruction des zones humides, des haies, des sols, c'est se priver de moyens essentiels pour renforcer la résilience de nos fermes et de nos filières.
Récolter à tout prix les céréales, aménager les horaires de travail des salarié·es agricoles ou encore adapter la réglementation du transport des animaux sont autant de mesures qui ne suffiront pas à anticiper les futures vagues de chaleur. L'épisode caniculaire en cours s'avère plus violent que celui, historique, d'août 2003. Les températures sont en passe de dépasser de 10 °C les moyennes hebdomadaires sur l'ensemble du territoire hexagonal. Les paysan·nes et les salarié·es agricoles doivent en outre travailler dans des conditions particulièrement pénibles et subissent une surcharge de travail importante pour tenter de faire face à l'urgence de la situation.
Les mesures court-termistes proposées par le ministère de l'Agriculture ne sont pas seulement en deçà d'une réponse politique digne de ce nom ; elles témoignent de l'impuissance et de l'irresponsabilité de décideurs incapables d'engager les transformations nécessaires pour assurer l'avenir des paysan·nes.
Les conséquences ne sont pas encore pleinement mesurables pour l'activité agricole, mais les températures exceptionnellement élevées, accompagné·es d'une sécheresse de printemps dans certains territoires, provoquent des manques de fourrage, des prairies et des vignes brûlent, des cultures d'été sont compromises, même celles irriguées. La production laitière diminue drastiquement et dans certains bâtiments d'élevage, les températures peuvent devenir létales pour les animaux. Les risques d'incendies et de mégafeux, comme durant l'été 2025, sont également exacerbés
Encore une fois, bon nombre de paysan·nes qui subissent le changement climatique sont abandonné·es à leur situation, le système des calamités agricole a été abandonné au profit d'un système assurantiel privé qui couvre moins de 20 % des fermes. Face à cela, le gouvernement n'est pas seulement inactif : il ne cesse de jeter de l'huile sur le feu en accélérant toujours davantage vers un modèle agricole qui ne fait qu'aggraver la crise climatique.
Contacts :
Stéphane GALAIS - porte-parole national - tél: 06 81 27 74 56
Nicolas FORTIN - secrétaire national - tél: 06 85 65 75 92
Caroline NUGUES - Chargée de communication - tél: 06 95 29 80 78



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