COMMUNIQUE DE PRESSE
Conséquences de la canicule : la Ministre de l'agriculture doit sortir du déni et arrêter de prôner de fausses solutions
10.07.2026La France est de nouveau, en quasi-totalité, placée en vigilance canicule. C'est le troisième épisode caniculaire depuis mai. Des feux violents se propagent dans le sud. Partout sur le territoire, les cultures végétales souffrent ; les prairies ont grillé sans regain possible ; les maïs se dessèchent sur pieds et ne feront pas de grain ; les stocks de fourrage d'hiver sont déjà entamés. Dans les campagnes le moral est au plus bas. La Confédération exprime sa profonde solidarité et son soutien aux paysan·nes durement touché·es.
Pour l'élevage, deux sujets nous inquiètent tout particulièrement : l'équarrissage et le fourrage.
Sur l'équarrissage, en plus de subir de fortes températures dégradant les conditions de travail dans le monde agricole, certain·es ont vu souffrir, voire mourir leurs animaux et ont aussi dû souvent faire face à un service d'équarrissage saturé.
En Bretagne par exemple, où se concentre près de 2/3 des 9127 tonnes d'animaux morts (volaille et porc), le constat est accablant quant au manque d'anticipation des services de l'État face à une situation pourtant déjà vécue lors de l'épisode de grippe aviaire. Nous nous interrogeons sur la délégation de missions de services publics à une entreprise privée… pour qui nos cadavres sont de la matière premières nécessaire à leurs profits.
Sur ce sujet, la déclaration de la ministre Annie Genevard au Sénat à l'occasion de l'audition cette semaine des ministres sur la canicule, est particulièrement inconséquente. Alors que certain·es de nos collègues ont dû, par leurs propres moyens, sortir les cadavres de leurs bâtiments afin de les enterrer, la Ministre de l'agriculture affirme que tout « était sous contrôle » et qu'il n'y a eu « aucune rupture du service d'équarrissage ». Un scandale !
Pour les éleveur·euses laitiers, sur tout le territoire, c'est la double peine : coûts de production qui explosent avec l'achat de fourrage et d'équipements pour soulager les animaux de la chaleur, alors même que les prix du lait restent bas, en moyenne 400 euros/1000 litres. Les animaux souffrent, les veaux ne sont pas vigoureux, la production laitière a chuté de 10 à 30% dans les fermes.
Plutôt que de maintenir à tout prix le cheptel de porcs et de volailles, d'augmenter indéfiniment la taille des élevages où des bâtiments, il faudrait le désintensifier et redéployer les productions animales vers d'autres régions de France. Nous ne voulons plus de territoires spécialisés, nous voulons une souveraineté alimentaire locale et nationale !
Sur tous ces sujets, une fois de plus, c'est le déni qui prévaut pour gérer la crise comme pour dresser des bilans. Déni des réalités immédiates, mais aussi des enseignements à en tirer pour engager les orientations nécessaires à moyen et long terme.
La Confédération paysanne demande donc les mesures d'urgences suivantes :
- la priorisation du fourrage vers les élevages et non pour l'approvisionnement des méthaniseurs.
- Des prêts de trésorerie, à taux zéro, fléchés sur l'achat de fourrage pour soutenir tous les éleveur·euses.
- La reconnaissance de l'ensemble du territoire en catastrophe naturelle.
- Le déploiement rapide de l'indemnité de solidarité nationale (ISN) et la modification des règles pour indemniser correctement l'ensemble des paysan·nes, assuré·es ou non. Pour rappel, seuls 18% des fermes sont couvertes par une assurance récolte
- Mener des expertises de terrain pour constater les pertes réelles pour les prairies et abandonner le système airbus qui ne fonctionne pas bien.
Au-delà de ces mesures d'urgence, la Confédération paysanne insiste sur le besoin de stabilité et de visibilité des prix pour sécuriser les élevages. La fluctuation les fragilise et décourage les installations. L'Europe doit déployer des outils de régulation réactifs avec une révision du seuil d'intervention et non se contenter d'un plan élevage décevant sans aucune déclinaison concrète.
Il n'y a pas de fatalisme, mais des choix politiques pour plus de robustesse des filières. Le gouvernement a annoncé hier un plan d'aide conjoncturelle pour l'achat d'engrais de 145 millions d'euros. Nous exigeons la même volonté politique pour soutenir l'élevage et engager des mesures structurelles. Il y a urgence à agir car l'élevage est en péril !
Contacts :
Stéphane GALAIS - porte-parole national - tél: 06 81 27 74 56
Nicolas FORTIN - secrétaire national - tél: 06 85 65 75 92
Romain BALANDIER - Membre du comité national - tél: 06 13 38 18 28
Ludovic BILLARD - co-porte-parole de la Confédération paysanne de Bretagne - tél: 06 62 73 05 95
Caroline NUGUES - Chargée de communication - tél: 06 95 29 80 78



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