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COMMUNIQUE DE PRESSE

Budget 2027 : surmonter la crise et réorienter le modèle agricole vers plus de robustesse

01.10.2026

Le secteur agricole ressort épuisé moralement et acculé économiquement à l'issue d'un été marqué par les vagues de canicules, la sécheresse, les incendies majeurs et les orages de grêle. Nombreux sont les paysan·nes à envisager d'abandonner le métier face à ces conditions extrêmes, qui vont devenir la nouvelle norme climatique. Le budget 2027 est donc une échéance majeure pour permettre à chaque ferme de surmonter cette crise et réorienter le modèle agricole vers plus de robustesse.

Nos priorités pour le budget 2027 sont donc claires : soutien aux fermes en difficultés, refonte de la gestion des risques et financement des politiques d'atténuation et d'adaptation au changement climatique. Au-delà de ces urgences, nous portons 20 propositions pour stopper la course au surinvestissement, préserver les écosystèmes et le climat, investir dans la formation continue et l'accompagnement à l'installation – transmission, faire progresser nos droits sociaux pour un métier vivable et attractif. Nous appelons les parlementaires à s'en saisir pour le prochain débat budgétaire.

Dans le détail, nous appelons, en premier lieu, à prolonger et amplifier le plan de réarmement agricole, car nous refusons la logique du « premier arrivé, premier servi » qui pénalise les fermes confrontées plus tardivement aux effets de la sécheresse (pertes de récoltes hivernales, mortalité sur des plantations pérennes, pénuries de fourrage entrainant une décapitalisation). Nous demandons également la réactivation du dispositif AREA – l'aide à la relance des exploitations (ex-Agridiff*), dont les crédits avaient chuté de 80% dans le PLF 2026, et sa réorientation vers les fermes plus durement touchées. Cette crise signe l'échec du système assurantiel, qui doit être abandonné au profit d'un fonds professionnel mutualisé et solidaire, accessible à toutes les fermes, impliquant tous les maillons de la chaîne agroalimentaire.

Répondre à l'urgence n'est bien sûr pas suffisant. Le modèle agricole doit être réorienté pour limiter l'ampleur du changement climatique et renforcer la robustesse de nos territoires face aux catastrophes à venir. La course en avant productiviste nous emmène droit dans le mur, comme en témoigne le fonds hydraulique agricole qui finance de fausses solutions, synonymes d'une mal adaptation à la raréfaction de la ressource en eau (mégabassines, extension non planifiée des systèmes d'irrigation…). Il faut, à l'inverse, prioriser l'irrigation vers les productions alimentaires, soutenir les pratiques agricoles qui préservent les ressources ainsi que les infrastructures visant à la sobriété hydrique.

Une politique ambitieuse suppose une réorientation massive des financements. A elles seules, les aides fiscales à la sur-mécanisation individuelle représentent un coût d'1,3 milliard d'euros par an[1]. Elles entrainent toujours plus d'intensification, d'émissions de GES et ont pour conséquence une augmentation démesurée du capital d'exploitation des fermes, qui deviennent intransmissibles. Nous demandons aussi une réorientation des aides à la production d'énergie (agrivoltaïsme, méthanisation, agrocarburants[2]) qui entrent en concurrence avec la production alimentaire. Alors que ressurgit l'idée d'un « impôt sécheresse » nous estimons qu'une nouvelle contribution climatique est nécessaire, mais elle ne doit ni reposer sur l'ensemble des ménages, ni sur les consommateur·rices, alors que 8 millions de personnes bénéficient de l'aide alimentaire. C'est aux entreprises climaticides et aux ménages les plus aisés, qui sont aussi les plus gros émetteurs de CO2, de payer pour réparer les dégâts et financer les politiques d'adaptation. C'est un enjeu de justice climatique, de cohérence politique et de responsabilité collective.


[2]Le tarif réduit sur l'E10, l'ED95, l'E85 et le B100 représente une dépense fiscale de 681 M€en 2025


Contacts :
Stéphane GALAIS - porte-parole national - tél: 06 81 27 74 56
Emilie DELIGNY - Porte-parole des Landes - tél: 06 36 58 17 26
Caroline NUGUES - Chargée de communication - tél: 06 95 29 80 78
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