COMMUNIQUE DE PRESSE
Cournon 2026 : pas d’élevage paysan sans des abattoirs sur tous les territoires !
07.10.2026Au Sommet international de l'élevage de Cournon, la Confédération paysanne a alerté sur la situation des abattoirs en France, mardi en interpellant le Ministère sur son stand. Dans le prolongement des questionnements sur le maintien des abattoirs, la Confédération a organisé aujourd'hui une conférence sur l'avenir de l'élevage allaitant qui a rencontré un franc succès [1].
L'élevage est dans un état de fragilité sans précédent en raison des épisodes climatiques de cet été. En parallèle, un 1/4 des abattoirs de proximité a disparu en 15 ans. Or les abattoirs sont nécessaires à l'activité d'élevage et aux circuits locaux de distribution et à l'activité économique des territoires. La concentration des abattoirs profite avant tout à l'entreprise Bigard, qui monopolise le marché de la viande grâce à la cogestion de l'Etat. La Confédération paysanne demande que les abattoirs restent un service public ouvert à tous·tes. Là où des besoins persistent, de nouveaux abattoirs, au service des élevages et des territoires, doivent voir le jour. Car il n'y aura pas de souveraineté alimentaire sans paysan·nes, ni d'agriculture paysanne sans élevage.
Nous avons des solutions pour conserver des abattoirs sur nos territoires : inclure les utilisateur·ices dans la gestion des abattoirs, ou encore faire émerger des abattoirs paysans. Mais nous n'y arriverons pas seuls. Nous avons besoin :
- d'un soutien fort de l'Etat et des collectivités auprès de chaque abattoir de proximité ;
- d'une refonte de la loi NOTRe pour faciliter l'intervention des collectivités ;
- d'un accompagnement financier, au niveau national, au maintien et au développement des outils d'abattage paysan.
Depuis le début de l'année, les fermetures ou les menaces de fermeture des abattoirs se multiplient : de 400 abattoirs en 2003, il n'en reste que 225. Pour contrer la fermeture systématique des abattoirs de proximité, des collectifs d'éleveur·euses se mobilisent. C'est le cas notamment des abattoirs du Mercantour (06), de Bazas (33), de Saint Céré (46), d'Eymet (24), de Bagnères (65), d'Alès (30), de Luxeuil (70) et d'Oloron Sainte-Marie (64).
Reprendre en main les abattoirs, c'est permettre aux paysan·nes de tous les territoires d'accéder, dans des conditions optimales tant sanitaires que sur le plan de la bientraitance des animaux, à des outils adaptés à des modes d'élevage vertueux. Le modèle des abattoirs paysans vient compléter la panoplie de sauvegarde des abattoirs de proximité. A ce jour, on répertorie sept abattoirs (Drôme (2), Isère, Hautes Alpes, Gard, Alpes-de-Haute-Provence, Côtes-d'Armor) gérés par des paysan·nes et dont le fonctionnement peut être assuré par tâcheronnage.
Enfin, face à ces difficultés structurelles et dans des zones parfois difficiles d'accès, certain·es éleveur·euses investissent dans des abattoirs individuels adaptés à leur ferme, leurs animaux et leur volume de production. Cela leur permet de réapproprier leur élevage dans toutes ses étapes et d'améliorer les marges de commercialisation. Cet idéal de gouvernance paysanne et d'un travail en abattoir assuré par des éleveur·euses, à la fois respectueux de leurs animaux et de pratiques sanitaires contrôlées, améliore ainsi les performances de qualité et de valorisation de la viande ainsi que le bien-être.
[1]Etude sur l'engraissement à l'herbe des bovins allaitants réalisée par la Confédération paysanne et financée par Interbev : https://transfert.confederationpaysanne.fr/f.php?h=26Q-snxT&d=1
Contacts :
Stéphane GALAIS - porte-parole national - tél: 06 81 27 74 56
Samuel MARGUET - - tél: 06 83 28 66 07
Caroline NUGUES - Chargée de communication - tél: 06 95 29 80 78



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